Xiaomi SU7 Ultra : la bombe électrique de 1 548 chevaux qui défie Porsche et Tesla
Imaginez une berline familiale capable de pulvériser une Porsche 911 GT3 RS sur circuit, tout en transportant confortablement quatre passagers et leurs bagages. Cette machine existe : la Xiaomi SU7 Ultra. Avec ses 1 548 chevaux et un temps de 7 minutes 4 secondes sur le légendaire Nürburgring, elle incarne la nouvelle donne de l’industrie automobile, où les geants de la tech chinois défient frontalement les constructeurs historiques européens.
Des chiffres qui défient la physique
La Xiaomi SU7 Ultra n’est pas une simple évolution de la SU7 standard : c’est une déclaration de guerre. Trois moteurs électriques, deux à l’arrière et un à l’avant, développent une puissance combinée de 1 548 chevaux (1 139 kW) et un couple de 1 770 Nm. Des chiffres qui placent cette berline dans la cour des hypercars, aux côtés de la Rimac Nevera ou de la Lotus Evija.
Les performances sont à la hauteur des promesses : le 0 à 100 km/h est avalé en moins de 2 secondes (1,97 s selon les spécifications officielles), tandis que le 0 à 200 km/h est réalisé en à peine plus de 9 secondes. Pour contenir cette puissance démoniaque, la SU7 Ultra embarque des freins carbone-céramique de 430 mm à l’avant et 410 mm à l’arrière, avec des étriers six pistons.
Mais ce qui impressionne davantage que les accélérations, c’est la capacité de cet engin de 2,36 tonnes à tenir la route. Le châssis, abaissé et rigidifié, profite d’une distribution de masse optimisée et d’une aérodynamique poussée à l’extrême, générant plus de 250 kg d’appui à 200 km/h. Des pneus spécifiques de 265/35 R21 à l’avant et 305/30 R21 à l’arrière, développés avec des partenaires premium, assurent un grip exceptionnel même dans les conditions les plus exigeantes.
Un record qui fait trembler l’Europe
Le 1er avril 2025, la SU7 Ultra inscrivait son nom dans les annales de l’automobile. Sur le circuit du Nürburgring Nordschleife, ce sinueux tracé de 20,8 km réputé comme l’enfer vert, la berline chinoise bouclait un tour en 7 minutes 4 secondes et 957 millièmes. Un record qui lui permet de devancer la Porsche Taycan Turbo GT et la Rimac Nevera, tout en établissant le meilleur temps pour une voiture de série à quatre portes homologuée pour la route.
Cette performance n’est pas le fruit du hasard. Xiaomi a investi massivement dans le développement, avec des sessions d’essais intensives sur le circuit allemand pour peaufiner les réglages de suspension, de différentiel et de gestion électronique. Le résultat est une voiture capable d’enchaîner les virages du Nürburgring avec une agilité qui défie les lois de la physique, malgré un poids supérieur à 2,3 tonnes imposé par les batteries.
Ces batteries, d’une capacité d’environ 94 kWh utilisables, emploient des cellules haute densité qui permettent d’alimenter les trois moteurs sans faillir, même lors d’un tour complet poussé sur circuit. La gestion thermique, critique sur ce type de véhicule, a été optimisée avec des systèmes de refroidissement sophistiqués pour éviter la dégradation des performances, fléau de nombreuses sportives électriques confrontées à l’endurance.
Le prix de la disruption
Le plus surprenant dans l’histoire de la SU7 Ultra n’est pas sa puissance démesurée, mais son tarif. Commercialisée en Chine à partir de 529 900 yuans, soit environ 70 000 euros au cours actuel, elle coûte trois à quatre fois moins cher que ses rivales européennes aux performances comparables. Une Porsche Taycan Turbo GT avoisine les 230 000 euros, tandis qu’une Rimac Nevera dépasse les 2 millions d’euros.
Cette stratégie de prix agressive illustre la nouvelle donne de l’industrie automobile. Xiaomi, comme d’autres geants tech chinois (BYD, Nio, Xpeng), applique au secteur automobile les recettes qui ont fait son succès dans les smartphones : des performances de pointe, une intégration verticale maîtrisée, et des marges réduites pour conquérir rapidement des parts de marché. Le constructeur chinois profite de son expertise en matière de supply chain et de production de masse pour réduire les coûts sans sacrifier la qualité.
L’approche ne se limite pas au hardware. L’expérience utilisateur, héritée de l’écosystème Xiaomi, intègre une dalle tactile de 16 pouces, une interface hyperconnectée, et des mises à jour logicielles régulières qui améliorent les fonctionnalités au fil du temps. Une approche qui séduit la nouvelle génération de conducteurs, habituée à la consumer tech et aux produits qui s’améliorent après l’achat.
La controverse de la puissance bridée
Pourtant, l’histoire de la SU7 Ultra n’est pas un long fleuve tranquille. En mai 2025, Xiaomi faisait face à une révolte de ses clients après le déploiement d’une mise à jour logicielle (version 1.7.0) qui limitait la puissance à environ 900 chevaux sauf en mode circuit spécifique. L’argument officiel, la sécurité, n’a pas convaincu les propriétaires, qui dénonçaient une limitation artificielle de leurs véhicules.
Sous la pression des réseaux sociaux chinois et des forums spécialisés, où des vidéos montraient des SU7 Ultra incapables d’atteindre les performances annoncées sur route ouverte, Xiaomi a finalement cédé. Un communiqué officiel annonçait le rétablissement de la puissance totale de 1 548 chevaux, accessible à tous les conducteurs sans restriction de mode. Une victoire des consommateurs, mais aussi un avertissement : dans l’ère du véhicule défini par logiciel, la propriété n’est plus tout à fait la même.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur le droit à réparation et la liberté d’usage. Si le constructeur peut modifier à distance les capacités de votre voiture, en êtes-vous vraiment propriétaire ? Le débat, déjà vif dans le monde de la tech avec les smartphones et les ordinateurs, s’installe désormais dans l’automobile avec une acuité particulière.
Quand arrive-t-elle en Europe ?
Pour les passionnés européens, la SU7 Ultra reste pour l’instant un objet de désir inaccessible. Xiaomi a annoncé que l’exportation vers l’Europe n’était pas prioritaire avant 2027, le constructeur se concentrant sur le marché chinois en pleine expansion. Une stratégie qui permet d’optimiser la production et d’établir une base solide avant d’affronter les complexités réglementaires européennes, notamment les normes d’homologation et les exigences en matière de sécurité.
Même si elle ne foulera pas nos routes avant plusieurs années, la SU7 Ultra a déjà changé la donne. Elle prouve que les constructeurs chinois sont capables de produire des véhicules haute performance qui n’ont rien à envier aux productions européennes, à des prix qui défient toute concurrence. Pour Porsche, Tesla et les autres constructeurs de sportives, le réveil risque d’être brutal.
Dans cette nouvelle ère de l’automobile électrique, où la puissance se mesure en lignes de code autant qu’en chevaux-vapeur, les frontières traditionnelles s’effacent. La SU7 Ultra est peut-être le premier signe d’un basculement géopolitique qui redéfinira l’industrie dans les années à venir. Les constructeurs européens devront s’adapter rapidement ou risquer de voir leur hégémonie s’éroder face à cette nouvelle vague d’innovateurs chinois.
Sources :
- Frandroid – « Plus puissante qu’une Porsche, moins chère qu’une Tesla » (février 2026)
- Wikipedia – Xiaomi SU7, record Nürburgring 7:04.957 (vérifié)
- Automobile Magazine – « Xiaomi SU7 Ultra : retour en force des 1 548 chevaux » (mai 2025)
- Yahoo Autos – « Xiaomi SU7 Ultra: The 1,548HP Electric Super Sedan » (octobre 2024)
- Zeperfs – Spécifications techniques Xiaomi SU7 Ultra
